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Impôts, rémunération et holding

  • Leçon 3
  • Avancé
  • 25 min

Suivre le chemin de la marge d’une opération jusqu’à votre revenu : impôt sur les sociétés, dividendes, rémunération, taxes et place d’une holding.

De la marge au revenu

Entre le prix de vente d’un bien et ce qui arrive sur votre compte personnel, plusieurs étages s’empilent :

  • la marge de l’opération, après la TVA due selon le régime de la vente ;
  • moins les charges de la société : assurances, honoraires, frais professionnels, impôts et taxes, intérêts d’emprunt ;
  • moins votre rémunération de dirigeant et ses cotisations sociales ;
  • égale le résultat avant impôt, soumis à l’impôt sur les sociétés ;
  • le résultat net peut ensuite être distribué en dividendes, eux-mêmes imposés chez vous.

Toutes ces charges ne sont déductibles que sur justificatif et si elles servent l’activité de la société. Un premier exercice peut durer jusqu’à 24 mois, ce qui laisse le temps de boucler une première opération avant la première clôture.

L’impôt sur les sociétés

Une SARL ou une SAS de marchand de biens relève de l’impôt sur les sociétés. Il porte sur le bénéfice, pas sur le chiffre d’affaires.

Fraction du bénéficeTaux en 2026
Jusqu’à 42 500 €15 %, sous conditions
Au-delà de 42 500 €25 %

Le taux réduit est réservé aux sociétés dont le chiffre d’affaires ne dépasse pas 10 millions d’euros et dont le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques, ou par des sociétés qui remplissent elles-mêmes ces conditions. Le plafond de 42 500 € s’apprécie par période de douze mois.

Les dividendes

Les dividendes perçus en 2026 sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, après la hausse de la CSG votée pour 2026. Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu : les dividendes bénéficient alors d’un abattement de 40 % et une partie de la CSG devient déductible. Cette option vaut pour tous vos revenus de placement de l’année ; elle est surtout intéressante si votre taux marginal d’imposition est faible.

Exemple : une société dégage 100 000 € de bénéfice et distribue tout son résultat net.

ÉtapeMontant
Bénéfice avant impôt100 000 €
IS à 15 % sur 42 500 €− 6 375 €
IS à 25 % sur 57 500 €− 14 375 €
Résultat net distribué79 250 €
Prélèvement forfaitaire de 31,4 %− 24 885 €
Net pour l’associé54 365 €

Rien ne vous oblige à tout distribuer : le résultat conservé en réserves renforce les fonds propres de la société et finance l’apport de l’opération suivante.

  • en SAS, les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, seulement les prélèvements sociaux ;
  • en SARL, la part des dividendes du gérant majoritaire qui dépasse 10 % du capital, des primes d’émission et de ses comptes courants est soumise aux cotisations des indépendants ;
  • une année de forte distribution peut vous rendre redevable de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour une personne seule et 500 000 € pour un couple, et de la contribution différentielle qui garantit une imposition minimale de 20 % à ces foyers.

Votre rémunération

Commencez par vos besoins : un revenu régulier tout de suite, un revenu différé, ou un mélange des deux. Une rémunération coûte plus cher en cotisations qu’un dividende, mais elle est déductible du résultat de la société et vous ouvre une protection sociale.

PointGérant majoritaire de SARLPrésident de SAS
Régime socialTravailleur indépendantAssimilé salarié, régime général
Cotisations, ordre de grandeurEnviron 40 à 45 % du netEnviron 70 à 80 % du net
Sans rémunérationCotisations minimales dues, de l’ordre de 1 100 à 1 300 € par anAucune cotisation, aucune protection
Assurance chômageNonNon
DividendesCotisations au-delà du seuil de 10 %Prélèvements sociaux seulement

Les cotisations des indépendants sont calculées depuis 2025 sur une assiette unique, avec un abattement forfaitaire de 26 %. Ces pourcentages ne sont que des ordres de grandeur : comparez toujours à revenu net identique, en euros, avec le simulateur de l’Urssaf ou votre expert-comptable.

  • un salaire modeste combiné à des dividendes vous assure une couverture sociale : 150 heures payées au SMIC valident un trimestre de retraite, 600 heures en valident quatre ;
  • si vous avez déjà un emploi ou d’autres revenus qui vous protègent, vous pouvez ne rien prélever au début, surtout en SAS ;
  • vous pouvez aussi prêter à votre société en compte courant : elle vous verse des intérêts, déductibles dans la limite d’un taux plafond publié chaque trimestre, et imposables chez vous ;
  • protection complémentaire, avantages en nature et épargne salariale s’ajoutent à la réflexion : voyez-les avec votre expert-comptable.

Les taxes de l’activité

TaxeCe qu’il faut savoir
Cotisation foncière des entreprisesDue chaque année, montant fixé par la commune ; la société en est exonérée l’année de sa création
Cotisation sur la valeur ajoutéeDue au-delà de 500 000 € de chiffre d’affaires hors taxes ; sa suppression progressive est prévue d’ici 2030
Taxe foncièreDue pour l’année entière par le propriétaire au 1er janvier ; l’acte de vente prévoit en général un remboursement au prorata
Taxes sur les logements vacantsDans certaines communes, frappent les logements durablement inoccupés : un motif de plus pour revendre vite
Taxe d’aménagementDue sur les surfaces créées par une construction, une extension ou une surélévation soumise à autorisation ; exigible à l’achèvement des travaux, à déclarer dans les 90 jours

La holding

Une holding est une société qui détient des parts d’autres sociétés. Placée au-dessus de votre société de marchand de biens, elle permet de faire remonter les bénéfices et de les réinvestir dans d’autres projets, par exemple une société patrimoniale, sans passer par l’imposition personnelle des dividendes.

Le régime mère-fille

Si la holding détient au moins 5 % du capital de sa filiale, conserve ces titres au moins deux ans et que les deux sociétés sont soumises à l’impôt sur les sociétés, les dividendes reçus sont exonérés, à l’exception d’une quote-part de frais et charges de 5 %. Sur 20 000 € de dividendes, 1 000 € seulement entrent dans le résultat imposable de la holding, soit 150 € d’impôt au taux de 15 %.

Pour que votre société d’exploitation garde le taux réduit de 15 %, la holding doit elle-même être détenue à 75 % au moins par des personnes physiques et respecter le plafond de chiffre d’affaires.

L’intégration fiscale

Si la holding détient au moins 95 % de ses filiales, elle peut opter pour l’intégration fiscale : les résultats de toutes les sociétés du groupe sont additionnés et la holding paie un seul impôt sur le résultat d’ensemble. Le déficit d’une société compense le bénéfice d’une autre, ce qui est utile quand une opération perd de l’argent pendant qu’une autre en gagne.

  • les exercices des sociétés doivent avoir la même durée et la même date de clôture ;
  • l’option vaut pour cinq ans ;
  • le groupe ne bénéficie que d’un seul plafond de 42 500 € au taux réduit ;
  • la tenue des comptes du groupe ajoute des honoraires : l’intégration se justifie à partir de plusieurs sociétés actives.

À retenir

  • Le bénéfice est imposé à 15 % jusqu’à 42 500 €, puis à 25 % ; les dividendes à 31,4 % en 2026, sauf option pour le barème.
  • Un salaire coûte plus cher qu’un dividende mais réduit l’impôt de la société et vous ouvre des droits sociaux : comparez à net égal.
  • Une holding fait remonter les dividendes presque sans impôt grâce au régime mère-fille, et l’intégration fiscale compense pertes et bénéfices.

Les règles juridiques et fiscales évoluent : faites valider votre situation par votre notaire ou votre expert-comptable. Règles et chiffres vérifiés le 8 octobre 2026. D’après « Marchand de biens : Guide d’une profession discrète », A. Andrea et S. Martin (2021).

Prenez un coup d’avance sur vos opérations